N.I.P
"Il n' y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit" (Napoléon 1er)
Le 2 décembre est une date qui ne vous dit surement rien. Pourtant, le 2 décembre 1805, il y a 204 ans maintenant, un petit noble corse surgi de nulle
part, à la tête d’une armée de têtes brûlés, balayait à Austerlitz, village de Bohème, les armées des Empereurs d’Autriche et de Russie.
Bras armé le plus talentueux de la révolution, Napoléon Bonaparte, devenu Empereur des Français un an auparavant, a réussi à constituer à partir d’une bande de va-nu-pieds, une des plus belles armées que le monde ait jamais connu, la Grande Armée.
Elle bousculera tout pendant 20 ans, exportera les idées de la révolution et réveillera les nationalismes qui emporteront finalement les régimes monarchiques qui avaient juré la perte de la République puis de l’Empire.
Pour cette bataille, Napoléon a son « équipe » au complet. Ses meilleurs maréchaux sont tous là. Murat, fils d’aubergiste, meneur d'hommes et sabreur hors pair, Davout, le meilleur maréchal de l’empereur et resté invaincu après 1815, Lannes, remarquable commandant et le seul à tutoyer l’Empereur, Berthier, le chef d’Etat major par excellence, qui manquera tant à Waterloo (tous les maréchaux que je viens de citer, manqueront à Waterloo).
Austerlitz, bijou de stratégie et de tactique, est devenu la bataille culte, où tout avait été prévu par le vainqueur jusqu’aux moindres détails.
Des petits nobles et des roturiers de "basse naissance" allaient botter les fesses des monarchies européennes qui n’accepteront jamais ce petit corse, l'usurpateur, dans leur milieu très fermé (on dit People maintenant) malgré son mariage
avec Marie-Louise d‘Autriche.
Les célèbres bonnets à poil des grenadiers de la Garde Impériale ont été pendant ces années un symbole de frayeur pour leurs adversaires et la terre a tremblé sous les sabots d'une des
meilleures cavaleries depuis celle d'Alexandre le grand.
L’aventure de l’Aigle ne s’arrêtera que sous les coups de l’Europe coalisée.
Cependant, petite consolation. Je m’explique.
A mon sens, Napoléon a permis aux acquis de la révolution de subsister. Nul doute que ceux-ci auraient été balayés dans l’hypothèse d’une restauration plus rapide.
En 1815, Louis XVIII ne pourra pas tout remettre en cause, lui et ses successeurs ne seront plus que Rois des Français, à l’inverse de leurs prédécesseurs qui étaient Rois de France.
L’intermède consulaire et impérial aura permis également, partout où est passée la Grande Armée en Europe, de réveiller les nationalismes. A la fin du XIX siècle, toutes les familles royales qui ont été opposées à la France révolutionnaire et impériale, ont perdu le pouvoir. La contagion révolutionnaire aura fait son effet.
Mal connu et vilipendé par une certaine gauche (à part Monsieur Max Gallo) depuis la seconde guerre mondiale, l’histoire du 1er empire est « zappé ». Pourtant nous vivons toujours sous ses structures (banque de France, codes civil et de commerce, réurbanisation de Paris, accès pour tous les citoyens aux fonctions dans l’administration …). Je n’oublie pas non plus qu’en réunissant le grand Sanhédrin en 1807, il a permis aux juifs d’être des citoyens français à part entière, fait unique en Europe à cette époque. Pourtant quel symbole de « réussite républicaine ».
A un moment de notre histoire où des questions se posent sur notre identité nationale, où notre société frileuse meurt sous les coups des médiocres, où les intérêts particuliers l’emportent sur l’intérêt national (c'est-à-dire de tous), où l’ambition pour notre pays a cessé d’être un leitmotiv, l’histoire de cet homme démontre que l’audace et le courage peuvent renverser des montagnes.
Je conclurai mes propos par cette phrase de Napoléon : « Notre plus grand défaut national est de n’avoir de plus grand ennemi de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes ».
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